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Dans un bureau, il ne se passe jamais rien. Jusqu'au jour où.

C'est la phrase que l'on entend le plus souvent dans un cabinet, une agence ou un service administratif. Pas de machine, pas de chantier, pas de produit dangereux. Donc pas de risque, donc pas besoin de sauveteur. Les chiffres de l'Assurance maladie disent autre chose.

Les cinq chiffres du travail de bureau

  • Plus d'un million de journées perdues par an.
  • 37 % des accidents sont dus aux chutes.
  • 36 % des accidents sont dus aux manutentions manuelles.
  • 70 jours d'arrêt en moyenne par accident du travail.
  • 243 jours d'arrêt en moyenne par maladie professionnelle.

Près de trois accidents de bureau sur quatre viennent donc de deux causes que personne n'associe à un bureau : la chute et la manutention. Et chaque accident coûte en moyenne deux mois et demi d'absence.

Les six risques que l'INRS identifie au bureau

1. Les chutes de plain-pied

Avec les manutentions, c'est l'une des deux principales causes d'accidents. L'INRS précise qu'elles peuvent causer des lésions très graves, allant jusqu'à des incapacités permanentes, voire des décès. Les facteurs sont banals : un sol glissant ou encombré, des câbles non protégés, une marche, un éclairage insuffisant, le travail dans l'urgence.

2. Les manutentions manuelles

Porter des cartons d'archives, déplacer du mobilier, décharger une livraison de fournitures. Les facteurs identifiés sont l'absence d'aide à la manutention comme un diable ou un chariot, des zones de stockage inadaptées, et un rangement désorganisé des archives.

3. Les troubles musculosquelettiques

Avec les lombalgies, ils représentent la très grande majorité des maladies professionnelles recensées. En cause : un espace exigu, un poste mal conçu avec l'écran, la souris et le clavier mal placés, une posture statique, le travail répétitif et le stress.

4. Les lombalgies

Liées aux manutentions, à la sédentarité et aux contraintes psychosociales. Ce sont elles qui expliquent les 243 jours d'arrêt moyens par maladie professionnelle.

5. Les risques psychosociaux

Stress, épuisement professionnel, harcèlement, violences. Les facteurs relevés sont le rythme intensif, la faible autonomie, la charge mentale, les interruptions fréquentes, le bruit ambiant, des postes trop proches les uns des autres et des outils inadaptés.

6. Les postures sédentaires

Le maintien prolongé de la position assise avec très peu de dépense énergétique, en travaillant sur écran ou en réunion.

L'INRS cite parmi les effets la mortalité toutes causes confondues, les pathologies cardiovasculaires, le diabète de type 2, certains cancers et l'obésité.

Deux repères sont donnés : interrompre les périodes assises environ toutes les 30 minutes, et ramener le temps total assis à moins de cinq heures par jour.

Une activité physique, même intense le soir ou le week-end, ne compense pas un temps excessif en position assise.

Le malaise, le risque que l'on ne voit jamais venir

Une étude de l'INRS publiée en juin 2026 a analysé 324 malaises mortels au travail. 41 % d'entre eux sont survenus dans une entreprise du secteur tertiaire, contre 21 % dans l'industrie et 5 % dans la construction. Et 37 % des victimes travaillaient dans une entreprise de 10 à 50 salariés.

Dans 83 % des cas, l'activité en cours était décrite comme habituelle, et l'action la plus souvent citée au moment du malaise est « faire une pause ». Dans 73 % des cas, la personne était momentanément seule.

Un bureau ne protège de rien. Il retarde seulement les secours, parce que personne ne s'attend à ce qu'il se passe quelque chose.

Ce que vous pouvez faire

Les deux premières causes d'accident au bureau, la chute et la manutention, se traitent par l'aménagement, et cela ne coûte presque rien :

  • Dégager les passages
  • Protéger les câbles
  • Fournir un diable ou un chariot
  • Revoir le rangement des archives

Pour le reste, il faut quelqu'un de formé sur place. C'est exactement ce qu'apporte le sauveteur secouriste du travail : les gestes d'urgence, mais aussi l'œil qui repère les risques du poste et les signale.

Dans un bureau, c'est souvent le salarié formé qui voit le premier le câble qui traverse le couloir.

Sources : INRS, dossier « Travail de bureau », données Cnam ; INRS, « Malaises mortels au travail », Références en santé au travail n° 186, juin 2026 ; INRS, « Postures sédentaires au travail », septembre 2026.

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