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La première cause de mort au travail n'est pas un accident de machine

On imagine l'accident du travail mortel comme une chute ou une machine. En 2023 comme en 2024, l'Assurance maladie a reconnu environ 760 décès accidentels liés au travail.

Près de 60 % d'entre eux sont des malaises, c'est à dire des décès survenus au travail sans cause extérieure identifiée, ni chute, ni choc, ni intoxication.

Cela représente 438 cas en 2023 et 447 en 2024.

Ce que l'INRS a analysé

En juin 2026, l'INRS a publié une nouvelle étude portant sur 324 malaises mortels survenus entre le 1er septembre 2023 et le 28 février 2025, soit dix-huit mois. Elle confirme une première étude menée sur les années 2012 à 2023.

Le constat principal : 82 % de ces malaises répondent aux critères de la mort subite cardiaque. Les causes identifiées sont surtout l'infarctus du myocarde, mais aussi l'accident vasculaire cérébral, la rupture d'anévrisme et l'embolie pulmonaire.

Qui est touché

  • 88 % sont des hommes, d'un âge médian de 53 ans. Plus d'un sur deux a entre 50 et 60 ans.
  • Les métiers les plus touchés : conducteurs de poids lourds, agents d'entretien dans les bureaux et les hôtels, métiers qualifiés du bâtiment.

Où, et à quel moment

  • 37 % travaillaient dans une entreprise de 10 à 50 salariés.
  • 41 % des malaises sont survenus dans le tertiaire, contre 21 % dans l'industrie et 5 % dans la construction. Le bureau n'est pas à l'abri.
  • 83 % faisaient une activité décrite comme habituelle.
  • 17 % étaient en train de « faire une pause », l'action la plus souvent citée.
  • 16 % des malaises mortels ont lieu entre 20 h et 7 h du matin.

Le chiffre qui change tout

Dans 73 % des cas, la personne était momentanément seule au moment du malaise. 17 % étaient des travailleurs isolés au sens réglementaire.

Un salarié formé qui n'est pas dans la pièce ne sert à rien. La question n'est donc pas « avons-nous un sauveteur », mais « y en a-t-il un présent au moment et à l'endroit où cela arrive ».

Tout se joue en quelques minutes

Le délai entre les premiers signes et le décès est de l'ordre de quelques minutes ou de quelques dizaines de minutes. 80 % des victimes décèdent sur leur lieu de travail, avant même d'arriver à l'hôpital.

Deux chiffres de l'étude disent le reste :

  • En l'absence d'actions immédiates et adaptées, environ une seule personne sur dix survit.
  • L'utilisation d'un défibrillateur, même par un témoin non formé, multiplie par deux les chances de survie tout en diminuant le risque de séquelles.

Dans un quart des cas, la victime avait montré un signe avant-coureur : elle avait dit ne pas se sentir bien, ou signalé une douleur à la poitrine. Plusieurs ont ignoré ces signes, et certaines ont refusé que l'on appelle les secours. Savoir reconnaître ces signes fait partie de la formation.

Ce que le réseau prévention recommande

Au moins treize cas ont révélé une défaillance dans la chaîne d'alerte :

  • Un collègue non formé aux premiers secours appelé en premier.
  • Un long délai entre la constatation du malaise et l'appel des secours.
  • Une mauvaise utilisation du défibrillateur.

Face à cela, l'INRS écrit que le rôle des sauveteurs secouristes du travail est central : évaluer la situation, transmettre le bilan aux services d'urgence, réaliser les gestes.

La première recommandation des agents des Carsat est la suivante.

Mettre en place une organisation pour qu'à tout moment de la journée il y ait un nombre suffisant de salariés sauveteurs secouristes du travail dans les locaux.

Viennent ensuite : former des sauveteurs ou augmenter leur nombre, acquérir un défibrillateur, afficher les numéros d'urgence, écrire la conduite à tenir en cas de malaise, et sensibiliser tout le personnel aux gestes de base.

Ce que cela veut dire pour vous

« Un nombre suffisant à tout moment de la journée » n'est pas une formule. Votre calcul doit tenir compte de vos horaires, des congés, des arrêts maladie et de vos différents sites.

Combien vous en faut-il ?

Le diagnostic en ligne fait ce calcul pour vous, à partir de vos sites, de vos horaires et de vos effectifs.

Faire le diagnostic gratuit

Source : INRS, « Malaises mortels au travail », Références en santé au travail n° 186, juin 2026. Les pourcentages portent sur les 324 cas analysés. Les 760 décès et les 60 % de malaises viennent de l'Assurance maladie.

Combien de sauveteurs vous faut-il ?

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